1. Généralités Il donne des infections localisées à l'arbre respiratoire, particulièrement chez le tout jeune enfant. A l'âge de 2 ans presque tous les enfants ont rencontré ce virus. Les trois-quarts des bronchiolites du nourrisson sont dues au virus RS. Ce virus donne aussi des pneumonies du nourrisson. Ces manifestations respiratoires basses surviennent par épidémies tous les hivers, entraînant une surcharge d'activité des pédiatres. Chez certains nourrissons, en particulier les prématurés, elles sont très sévères, entraînant une insuffisance respiratoire aiguë qui oblige à des mesures de réanimation. La mortalité des bronchiolites hospitalisées en réanimation pédiatrique est de 2 %. Par ailleurs, une infection à virus RS est souvent retrouvée dans les poumons lors de l'autopsie de nourrissons morts subitement. L'infection à virus RS nest probablement quun facteur déclenchant parmi d'autres des morts subites du nourrisson. D'autre part, il est remarquable que ce virus RS infecte des enfants très jeunes qui, pour la plupart, ont encore des anticorps maternels. Il donne aussi des réinfections chez les adultes en contact avec de jeunes enfants. Mais ces adultes, sauf état d'immunodépression, ne font habituellement qu'une infection respiratoire bénigne. Une infection sévère peut sobserver chez les adultes imunodéprimés ou chez les vieillards où la période d'épidémie à RSV est à l'origine d'un excès de mortalité. L'infection à VRS pose donc, comme la grippe, un très sérieux problème de santé publique. 2. Diagnostic au laboratoire 2.1. Immunocytodiagnostic Dans les formes graves, il est intéressant de faire un immunocytodiagnostic rapide par immunofluorescence. On soumet les cellules des sécrétions respiratoires obtenues par frottis nasal (ou aspiration trachéale ou bronchique chez les enfants intubés) à un immunsérum fluorescent antivirus RS et en cas d'infection à virus RS on observe une fluorescence du cytoplasme qui traduit la présence d'antigène viral RS. 2.2. Inoculation Le virus se multiplie en culture de cellules courantes en donnant des syncytiums (comme son nom l'indique) avec inclusions cytoplasmiques. Il faut inoculer les cultures au lit du malade ; ce virus est encore plus fragile que le virus de la grippe. 2.3. Sérodiagnostic Le sérodiagnostic na pas dintérêt car la séroconversion est inconstante (linfection survient souvent sous anticorps maternels et lenfant jeune répond mal en anticorps), et de toute façon toujours tardive, à la convalescence. En fait il faut privilégier le diagnostic rapide, en immunofluorescence. On peut également recourir sur les sécrétions respiratoires à une technique immunoenzymatique, soit classique sur support solide (ELISA), soit ultra rapide par immunofitration sur membrane ("savonnette"). 3. Traitement et vaccination Les infections respiratoires sévères à VRS ont fait lobjet de traitements par aérosol de Ribavirine, nucléoside antiviral à spectre large et assez toxique (sauf en aérosol). Lefficacité de ce traitement est discutée. Un vaccin contre le VRS serait très utile. Malheureusement nous n'en avons pas actuellement. Un vaccin tué avait été préparé. Il suscitait des anticorps, mais ne protégeait pas, bien au contraire : il entraînait une sensibilisation des enfants qui rencontrant ultérieurement le virus développaient une maladie plus sévère que les sujets non vaccinés ! C'est à rapprocher du fait que bronchiolites et pneumonies du nourrisson de moins de 6 mois surviennent sous anticorps transmis de la mère. Toutefois, ladministration danticorps monoclonaux pour prévenir les épidémies de crèche est à lessai avec des résultats encourageants mais à un prix très élevé (30 000 F/enfant !). Comprenne qui peut ! |
||||||||||||||||
|
|