C'est un paramyxoviridæ tout à fait distinct des précédents, antigéniquement unique. 1. Manifestations cliniques Avant la vaccination, presque personne n'y échappait. Il donne, contrairement aux virus précédents, presque toujours une infection apparente avec éruption. C'est une virose généralisée, à point de départ respiratoire. Le virus diffuse par virémie. Il y a également une virurie. Après une incubation silencieuse de 10 jours on observe une phase d'invasion marquée par une fièvre élevée, à 40° C, et deux signes particuliers, évocateurs : le catarrhe et l'énanthème. Catarrhe vient d'un mot grec qui signifie couler : l'enfant présente en effet un larmoiement et une hypersécrétion des voies respiratoires avec laryngite et bronchite, et parfois une diarrhée. L'énanthème est fait de petits points blancs " en grain de semoule " sur la muqueuse des joues ; c'est le signe de KOPLIK. L'exanthème survient 14 jours après le contage (incubation longue des infections virales généralisées). Il est constitué d'une éruption maculopapuleuse diffuse, mais débute à la tête "derrière les oreilles". L'éruption est attribuée à l'apparition dans le sang d'immuns complexes circulants virus-anticorps. Elle apparaît en même temps que les anticorps. Les complications les plus fréquentes sont les otites. L'encéphalite de la rougeole est une encéphalite post-éruptive. Elle n'est pas due à une multiplication du virus dans le cerveau, mais elle est probablement d'origine allergique. C'est une encéphalite par démyélinisation périveineuse. On en voit un cas pour 1.000 rougeoles et sa mortalité est de 10 %. Ce n'est donc pas une rareté. Elle est responsable d'un décès pour 10.000 rougeoles. Il y a dans nos pays autant de décès par pneumonie, pneumonies de surinfections bactériennes ou pneumonies virales pures. Parmi ces dernières la pneumonie à cellules géantes, gravissime, survient chez les sujets immunodéprimés. Cela étant, des images radiologiques pulmonaires anormales sont banales au cours des rougeoles bénignes. Dans les pays pauvres la rougeole est catastrophique entraînant 2 millions de décès chaque année. Elle entraîne une décompensation des carences immunitaires et dans certaines populations sous-alimentées elle tue un quart des enfants. La conjonctivite, à l'origine du larmoiement, banal chez nous, est par surinfection bactérienne à l'origine de cécité !! Il faut signaler que l'infection par le virus de la rougeole s'accompagne et entraîne pour quelques mois une immunodépression, qui dans les pays du Tiers Monde apporte sa part de complications de surinfection. Enfin il existe une très rare encéphalite subaiguë mortelle qui est due au virus de la rougeole. C'est une encéphalite qui comporte des lésions de sclérose de la substance blanche et de la substance grise : c'est la panencéphalite sclérosante subaiguë (PESS). Elle survient des années après la rougeole, 7 ans en moyenne et touche un enfant sur un million. Dans les cellules cérébrales, neurones et cellules gliales, on observe des inclusions nucléaires et cytoplasmiques, qui en microscopie électronique apparaissent formées d'éléments tubulaires de 18 nm de diamètre. C'est le même aspect que ce que l'on voit en cultures de cellules infectées in vitro par le virus de la rougeole. C'est donc une encéphalite due à la multiplication dans le cerveau du virus de la rougeole des années après la rougeole. Depuis la diffusion de la vaccination antirougeole, la PESS régresse très nettement, comme toutes les autres complications de la rougeole. 2. Diagnostic virologique 2.1. Indications Habituellement, il n'est pas nécessaire en pratique médicale courante puisque la clinique est très évocatrice. Cependant il est utile pour un diagnostic de certitude devant une forme atypique. Il est nécessaire pour distinguer rougeole et rubéole, chez une femme enceinte ou dans l'entourage d'une femme enceinte. 2.2. Isolement L'isolement est difficile car le virus à l'isolement pousse assez mal en cultures cellulaires. [Il lui faut des cultures cellulaires de rein humain, d'amnios humain, ou de rein de singe. Il donne des syncytiums avec inclusions nucléaires et cytoplasmiques. Il donne une hémadsorption des GR de singe.] 2.3. Immunocytodiagnostic rapide Limmunocytodiagnostic rapide par immunofluorescence ou immunoperoxydase directement sur les cellules respiratoires du frottis nasal ou de l'aspiration nasopharyngée est beaucoup plus pratique. 2.4. Sérodiagnostic Le sérodiagnostic est en pratique plus fiable que l'isolement en culture. On dispose comme réaction pour le sérodiagnostic de la SN, la FC, l'IHA et l'ELISA, mais on utilise surtout l'ELISA, réaction commode, rapide et sensible. Son seul inconvénient est de ne parvenir quà la convalescence, puisquil faut 2 sérums, précoce et tardif. 3. Vaccination Il existe un VACCIN atténué vivant, injectable, à donner vers 12-14 mois, après la disparition des anticorps maternels mais avant que l'enfant ne rencontre la rougeole. Il est associé aux vaccins contre les oreillons et la rubéole : cest le ROR. Il est, comme tout vaccin vivant, contre-indiqué chez les sujets immunodéprimés. Pour les enfants du Tiers Monde ou même pour les enfants vivant en crèche, il existe un sérieux risque de rougeole très précoce survenant dès la chute des anticorps maternels, cest-à-dire dans les derniers mois de la 1ère année de vie. Aussi, dans ces conditions de vie, préconise-t-on une première vaccination par le vaccin rougeole seul (Rouvax) à l'âge de 8-9 mois, avec une revaccination à 12-14 mois par le ROR. Un rappel de ROR est recommandé dans tous les cas, entre 3 et 6 ans. En effet, la vaccination nétant efficace quà 90-95%, il se constituerait peu à peu, en labsence de revaccination, un ensemble de sujets réceptifs à lorigine dune poussée épidémique. La France sillustre par une mauvaise couverture vaccinale par le ROR Les GAMMA-GLOBULINES ORDINAIRES injectées aussitôt après un contage préviennent la rougeole. Il en va de même de la vaccination, puisqu'on a affaire à une infection virale généralisée à incubation longue. |
||||||||||||||||
|
|