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1. Structure
du virus Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
Il est très différent du virus de lhépatite A, tant pour sa structure que par son pouvoir pathogène. Il expose au risque dhépatite fulminante, dhépatite chronique active, de cirrhose et de cancer primitif du foie.
Il est classé parmi les hepadnaviridæ en raison de son tropisme hépatique et de la nature ADN de son génome. Celui-ci est un DNA circulaire, bicaténaire sur les 3/4 de sa circonférence, de petite taille (1,6 millions de Dalton = 3200 paires de base = le plus petit génome viral humain à ADN), associé à une DNA polymérase DNA-dépendante. La capside ou core qui contient le génome est faite dantigène Hbc (c pour capside) et dantigène HBe ; elle a 27 nm de diamètre, elle est entourée dune enveloppe non membranaire formée de lipides cellulaires et de protéine virale appelée antigène HBs (s pour surface). En cas dinfection les synthèses virales produisent un excès dantigènes HBs qui sauto-assemblent en tubules et sphérules de 22 nm de diamètre et dépourvus de génome viral. Le virus infectant est comme toujours la particule virale complète, appelé particule de Dane, de 42 nm de diamètre, où la nucléocapside est entourée dantigène HBs. Les particules de Dane sont très minoritaires par rapport aux sphérules et tubules dantigènes HBs en excès (108 versus 1013 particules/ml de sérum). Nayant pas denveloppe membranaire au sens dun péplos, le virus est résistant (il résiste à léther, à une température de 56° C, pendant 30 minutes). On ne sait pas cultiver lHBV mais on a réussi à transformer des cellules par le gène de lantigène HBs. Pour pallier la petitesse du génome, les protéines virales sont codées dans des cadres de lecture partiellement chevauchants. Ce sont le gène S pour lantigène HBs (subdivisé en préS1 préS2 et S), le gène C pour lantigène HBc (subdivisé en préC et C) et pour lantigène HBc, le gène P pour la DNA polymérase virale et le gène X pour une protéine transactivatrice. Donc 4 gènes au total. Lantigène HBs comporte un déterminant constamment présent, a, auquel sajoute des déterminants spécifiques de sous-types diversement associés : adw adr ayw ayr pour les plus fréquents. Lantigène HBs est le principal marqueur sérique dinfection. Il est présent dans le cytoplasme des hépatocytes. Lantigène HBc associé à la capside ou core, présent dans le noyau, napparaît pas libre dans le sérum malgré sa présence dans les particules de Dane. Cest lantigène HBe, le produit de sécrétion, tronqué, de lantigène Hbc qui apparaît dans le sérum, sa présence dans le sérum témoignant dune infection active. Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
On a avancé que lattachement du virus sur la cellule-cible (les hépatocytes) se faisait par interaction entre lantigène préS1 côté virus et par lalbumine humaine polymérisé côté hépatocyte. La réplication du virus passe par un ARN prégénomique encapsidé qui est ensuite transcrit en DNA génomique par la DNA polymérase virale, douée ainsi dune activité transcriptase inverse. On en rapproche la sensibilité de linfection au traitement par la 3TC qui a dabord été connu pour son activité anti-HIV (Revoir illustration I.17). Le principal site de multiplication de lHBV est constitué par le foie et ses hépatocytes. Il est possible que les lymphocytes constituent un réservoir accessoire extrahépatique expliquant la recolonisation par lHBV du foie greffé pour hépatite fulminante. Dans lhépatolyse on invoque à côté dun effet lytique direct possible du virus, le rôle de la réponse immunitaire et en particulier des lymphocytes T cytotoxiques spécifiques du virus. Lhépatite aiguë et en particulier lhépatite fulminante seraient une pathologie autoimmune. Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
3.1. Transmission sanguine Le principal vecteur du virus est le sang doù ce quon appelle une contamination parentérale, cest-à-dire par transfusion de sang, par injection ou piqûre accidentelle avec du matériel mal stérilisé. Le virus HB est très répandu chez les drogués par voie veineuse partageant leurs seringues, contamination également par acupuncture, rasage, tatouage. Les soins dentaires sont source de contamination dans le sens dentiste Õ patient ou patient Õ dentiste. Avec ce virus résistant et à titre élevé dans le sang, une effraction cutanée ou muqueuse même minime peut être à lorigine dune contamination sil y a mise en contact de cette plaie minime avec du sang contenant le virus. Une piqûre dun personnel avec une aiguille ayant servi pour un malade infecté expose à un risque dinfection du personnel non vacciné denviron 30 % (cest un risque de 3% pour le virus de lhépatite C et de 0,3% pour lHIV). Le virus HB se transmet par voie buccale par exemple dans les laboratoires où lon a longtemps aspiré à la pipette les échantillons de sang ou de sérum dont certains, on le sait, sont contaminants. 3.2. Autres modes de transmission Dautre part le virus est présent en petite quantité dans toute sorte de liquides biologiques : salive, urines, selles, sécrétions génitales. Donc les rapports sexuels mais aussi la simple cohabitation avec des personnes infectées, des porteurs chroniques, sont sources de contamination. Linfection à HBV fait partie des MST (favorisée par les rapports sexuels précoces et à nombreux partenaires) mais elle est aussi transmise "sous le toit" contrairement à lHIV. De fait, cest dans les régions pauvres dAsie et dAfrique ou dAsie où lon ignore les transfusions et les injections médicamenteuses que sobservent les taux les plus élevés de portage chronique : jusquà 20 % de la population a du virus HB dans le sang. La transmission se fait ici, pour lessentiel, à la naissance. 3.3. Transmission materno-foetal La transmission mère-enfant est très importante par sa fréquence et sa gravité à long terme. Les femmes enceintes porteuses chroniques asymptomatiques de lantigène HBs peuvent transmettre le virus à leur enfant. La fréquence de cette transmission est moindre dans les pays occidentaux quen Extrême Orient. Elle est accrue par la présence de lantigène HBe dans le sérum (risque de 90 % en cas dHBe+ et 5 à 20 % en cas dHBe-). La transmission du virus à lenfant est exceptionnelle en cas dhépatite B aiguë de la mère au début de grossesse. En revanche lenfant court un risque dinfection dans 50 % des cas dhépatite B aiguë maternelle durant le troisième trimestre de la grossesse. La contamination nest pas intra-utérine, mais pernatale (à JÆ ) et postnatale --> efficacité de la sérovaccination du nouveau-né, à condition d'être commencée dans les 12 premières heures de vie. La majorité des enfants infectés sont anictériques, sans signes dhépatite aiguë et lhépatite B fulminante est exceptionnelle. Cependant, ils restent porteurs chroniques, ce qui est très grave à terme, puisquils auront toute la vie pour faire les complications tardives redoutables que sont lhépatite chronique active, la cirrhose et le cancer primitif du foie : pour un nouveau-né infecté ce risque de complications tardives redoutables est de 40 % après 30 ou 40 ans de vie. Cest par cette transmission mère-enfant quon a lendémie de portage chronique propre au Tiers-Monde, 350 millions de porteurs chroniques. Il faut bien retenir que le sang est le vecteur principal mais non exclusif du virus HB et quil existe des professions à risque : le personnel de laboratoire et le personnel soignant, les services les plus dangereux étant de loin les centres dhémodialyse chronique et les laboratoires qui leur sont attachés. Jusquà la vaccination il y avait dans les centres dhémodialyse une situation endémique, avec de nombreux patients porteurs chroniques ; le personnel soignant y était exposé à un risque dhépatite B de 10 à 20 fois supérieur à celui encouru par le personnel soignant dans son ensemble. Dentiste est également une profession exposée, mais le risque concerne aussi les patients de dentistes infectés par le VHB. Cette situation sest transformée depuis la vaccination systématique des sujets exposés ou entrant dans une profession exposée. Il importe en effet de vacciner avant exposition au risque tous les étudiants en médecine, en soins dentaires, en soins infirmiers, en techniques danalyses biologiques médicales. Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
4.1. Antigène HBs Alors que lincubation est en moyenne de 3 mois (2 semaines à 6 mois), lantigène HBs apparaît dans le sang un mois en moyenne après le contage, donc avant laugmentation des transaminases ALAT et lictère. Il persiste environ deux mois et cest au cours de la convalescence quil disparaît dans les formes habituelles qui guérissent (9 formes ictériques sur 10), mais il persiste chez les porteurs chroniques (1 forme ictérique sur 10). On définit le portage chronique par la persistance de lantigène HBs au-delà de 6 mois. 4.2. Antigène HBc Lantigène HBc est masqué par lantigène HBs et nest pas détecté par les tests usuels. 4.3. Anticorps Les anticorps apparaissent après les antigènes. Ce sont dabord les anti-HBc. Les IgM HBc, fugaces, signent linfection aiguë, tandis que les IgG HBc sont très durables, probablement tout la vie. Les anti-HBs apparaissent les derniers, durant la convalescence, mais ils persistent des années voire toute la vie. Cest un signe de guérison. Ce sont des anticorps neutralisants. Ils manquent chez les porteurs chroniques. Entre la disparition de lantigène HBs et lapparition des anticorps HBs il peut y avoir une fenêtre où le diagnostic dinfection récente ne peut être porté que sur la présence des anticorps HBc IgM ou du DNA viral sérique. 4.4. Antigène HBe Quant à lantigène HBe, il a une signification pronostique. Il apparaît en phase aiguë. Sa disparition est de bon pronostic, comme lapparition des anticorps correspondants. Ainsi chez les porteurs chroniques, ceux qui ont lanticorps HBe sont moins contagieux. Le système e/anti-e est donc un indicateur dévolutivité et dinfectiosité. Il en va de même du DNA sérique de lHBV. 4.5. Evolution et pronostic (Illustration XI. 6). Le portage chronique qui est une infection chronique apparaît chez 10 % des sujets ayant fait une hépatite aiguë clinique. Le nombre de porteur chronique varie selon les pays de 20 % à 0,1 % (en Europe 0,1 %). La dernière estimation de l'Institut nationale de veille sanitaire (InVS) pour la France est de 100 000 à 150 000 porteurs d'ag HBs et 1000 morts pan an. Dans 1/3 des cas, ce portage chronique se fait sans aucune lésion hépatique. Les sujets sont des porteurs "sains" dont le sang peut être infectant. Dans 1/3 des cas, ce portage chronique saccompagne de lésions histologiques stables et sans gravité, réalisant lhépatite chronique persistante (HCP). Dans 1/3 des cas, on a des lésions évolutives = menant à la mort soit par [hépatite chronique active (HCA)], soit par cirrhose, soit par cancer primitif du foie (CPF). L'évolution de la cirrhose se fait vers le cancer du foie dans 30 à 50 % des cas après 10 ans d'évolution En phase aiguë, la complication à redouter est lhépatite fulminante, mortelle spontanément dans 90% des cas et indication à la greffe de foie en urgence. On connaît deux éléments conditionnant le pronostic : 1) lâge : plus le sujet est jeune, plus linfection est bénigne à court terme, mais plus le risque de chronicité est élevé : le nouveau-né développe presque toujours un portage chronique. Le risque de passage à la chronicité est de 90 % pour le nouveau-né, de 25% pour lenfant dâge préscolaire, de 5% pour ladulte. 2) la dose de virus reçue intervient : avant le dépistage de lag Hbs chez les donneurs de sang les hépatites aiguës post-transfusionnelles à virus HB étaient les plus graves et tuaient dans 10 % des cas. Le risque dhépatite fulminante est actuellement estimé à £ 1%. 4.6. Diagnostic au laboratoire Le diagnostic au laboratoire repose en pratique courante par la mise en évidence dans le sang des marqueurs du virus de lhépatite B, principalement de lantigène HBs. Les techniques de détection sont variées. Actuellement la plus utilisée est lELISA. En pratique devant un ictère par hépatite (transaminases ALAT augmentées), on demande une recherche dans le sérum dantigène HBs, dIgM HBc et dIgM HAV, en ELISA. La présence dIgM HAV signe lhépatite A actuelle. La présence dantigène HBs signe linfection à VHB mais celle-ci ne peut être considérée à coup sûr comme actuelle que si les IgM HBc sont également présentes. La présence dantigène HBs sans IgM HBc évoque soit une hépatite aiguë vue à son tout début, soit un portage chronique, qui serait associé ici à un ictère par hépatite dautre étiologie (hépatite A, hépatite C, hépatite à CMV, à virus E.B., hépatite toxique). Une hépatite aiguë B peut être vue juste après la disparition de lantigène HBs et avant lapparition de lanticorps HBs, cest à dire dans la fenêtre. On fait alors le diagnostic dinfection récente à virus HB par la détection des IgM HBc. Le portage chronique est défini par la détection dantigène HBs dans le sérum 2 fois à 6 mois dintervalle. Il ny a en général pas danticorps HBs quand lantigène est présent. Il est important dapprécier lintensité de la multiplication virale qui est parallèle à lévolutivité de la maladie et à la contagiosité du sujet. Une façon de faire consiste à déterminer létat du sujet dans le système HBe. La présence dantigène HBe sans anticorps HBe est (à lexception près des virus mutants HBe négatifs) signe dinfectiosité importante. La présence danticorps HBe sans antigène HBe est signe dinfection réduite, contrôlée. LADN viral dans le sérum recherché par hybridation moléculaire ou par amplification génomique (PCR), est le meilleur marqueur dinfectiosité. Il a lintérêt de déceler une minorité de porteurs chroniques sans antigène HBs sérique. Pour rechercher si un sujet est protégé la démarche la plus logique consiste à rechercher lanticorps HBc (cest le test le plus sensible). Si la recherche est négative, on conclut que le sujet na jamais rencontré le VHB, quil est réceptif et donc quil est candidat à la vaccination. Si elle est positive, on recherche antigène et anticorps HBs : un sujet antigène HBs négatif et anticorps HBs positif est un sujet guéri dune ancienne infection à VHB et protégé : un sujet antigène positif HBs et anticorps HBs négatif est probablement un porteur chronique dont on précise linfectiosité par étude du système HBe et du DNA viral. Il faut savoir quil est totalement inutile détudier le système HBe chez un sujet antigène HBs négatif. Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
5.1 Traitement curatif Dans les formes évolutives par hépatite chronique des résultats partiels sont obtenus par traitement à lInterféron alpha recombinant. Cest un traitement lourd, à la dose de 4,5 millions dunités internationales intramusculaires ou sous cutanées, 3 fois par semaine durant 6 mois. Les effets secondaires sont notables, en particulier syndrome pseudogrippal et plus rarement état dépressif potentiellement dangereux (suicide) ou un dysfonctionnement thyroïdien. Les résultats sont inconstants. La 3TC a donné des résultats encourageants, avec peu d'effets secondaires mais l'émergence de mutants résistants (Revoir schéma X. 9). D'autres analogues nucléosidiques sont en cours d'évaluation et une multithérapie est envisagée, comme pour le HIV. Le traitement de lhépatite fulminante est la transplantation de foie en urgence. 5.2. Prévention - On écarte systématiquement les candidats donneurs de sang porteurs dantigène HBs et même danticorps HBc dans le sang, par dépistage systématique. Même chose pour les dons d'organe, de moelle, de sperme. - Il existe des globulines spéciales à titre élevé danticorps HBs préparées à partir de donneurs sélectionnés. Elles ont deux indications : 1) Une indication durgence en cas de contamination précise dun sujet non vacciné à partir de produit sanguin provenant de sujet infecté. Quil sagisse de piqûre avec du matériel souillé de sang, dingestion ou même de projection dans lil ou sur le visage. Il y a urgence à injecter ces globulines spéciales quon se procure au Centre de Transfusion le plus proche. Simultanément, on commence une vaccination. 2) La protection de la greffe de foie pour hépatite B fulminante. Ces globulines sont en revanche contre-indiquées au cours des hépatites aiguës car dans les formes graves on a pu observer des complexes ag-ac dans le sang, les parois vasculaires, les glomérules. Un excès danticorps HBs semble dangereux. - Une troisième série de mesures préventives concerne la façon de travailler du personnel à risque. Ce sont des mesures évidentes qui, en pratique sont trop souvent négligées. - Il ne faut pas pipeter à la bouche les produits pathologiques, mais adapter une poire sur la pipette comme on la fait en T.P. de Bactériologie-Virologie. - Lutte contre les MST : éducation sexuelle, fidélité, usage de préservatifs. - Lutte contre la drogue, avec fournitures de seringues individuelles - Le vaccin contre lhépatite B est une acquisition remarquable Le gène de lantigène HBs ayant été cloné dans une levure, cest sur un vaccin de génie génétique à base dantigène HBs recombinant que repose désormais la vaccination. Lefficacité du vaccin et son innocuité sont certaines. Le risque de sclérose en plaque (SEP) nest quune rumeur sans fondement : lassociation nest pas statistiquement supérieure au hasard (même situation pour la mort subite du nourrisson et le vaccin anticoqueluche, l'autisme et le ROR, la maladie de Crohn et le ROR). Ne plus vacciner contre l'hépatite B par crainte de SEP comme le conseillent parfois certains médecins est une erreur propre à la France (Illustration X. 10). Le vaccin se donne en 3 injections à 1 mois dintervalle avec rappel 1 an plus tard. Il existe aussi un protocole avec 2 injections à un mois dintervalle, protocole recommandé actuellement, puis rappel à 6 mois. Il donne des anticorps HBs (qui sont neutralisants, protecteurs) mais sans anticorps HBc. La vaccination est à faire sans recherche préalable de limmunité. Il y a quelques années, on croyait une telle recherche nécessaire pour deux raisons : éviter de vacciner un sujet déjà infecté voir porteur chronique dantigène HBs par crainte de déclencher des phénomènes dimmunopathologie et éviter de gaspiller le vaccin en lutilisant pour des sujets qui nen nauraient pas besoin. En fait la crainte dimmunopathologie sefface daprès les données de lexpérience et les études coût bénéfices montrent que le dépistage préalable de limmunité nest rentable que pour des populations où 25 % au moins des sujets ont un marqueur HB. Actuellement, le pourcentage est de 14 dans le personnel hospitalier et de 7 dans la population générale. Enfin toute recherche dimmunité préalable à la vaccination ne fait qualourdir la procédure et retarder dautant la vaccination. Une politique de prévention efficace repose sur un minimum d'étapes :"le lion ne bondit qu'une fois". La vaccination contre lhépatite B est impérative pour les sujets des groupes à risques : étudiants des métiers de la santé, drogués par voie intraveineuse, partenaires sexuels et proches dun sujet infecté aigu ou chronique, sujets à partenaires sexuels multiples, coopérants partant en zone dendémie et bien sûr nouveau-nés de mère dépistée porteuse dantigène HBs. Comme la contamination de lenfant se fait essentiellement à la naissance et dans les semaines qui suivent, les mesures visant à prévenir linfection de lenfant consistent à lui injecter des immunoglobulines spéciales à titre élevé danticorps HBs dès la naissance si la mère a eu une hépatite B en fin de grossesse ou si elle est porteuse chronique dantigène HBs. On débute simultanément une vaccination. Dans notre pays, le dépistage de lantigène HBs est devenu obligatoire en cours de grossesse, pour à la naissance instituer en urgence, dans les 12 heures, la sérovaccination de lenfant. La vaccination élargie. Pour tenter déradiquer linfection à HBV à l'échelle mondiale une campagne vient dêtre lancée pour une vaccination systématique aux deux périodes critiques de la vie : la vaccination des nouveau-nés ou des nourrissons à 2, à 3 et à 4 mois (+ DT Coq Polio et Haemophilus influenzae b) et la vaccination des préadolescents (11-13 ans) avant lâge des premiers rapports sexuels (en même temps que le 3ème rappel DT Coq Polio et un éventuel rattrapage ROR). Cf. calendrier des vaccinations en fin de polycopié. Un vaccin très original est à l'essai : des souris nourries de pommes de terre transgéniques pour le gène S produisent de anticorps anti-HBs ! Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
Il existe une association indiscutable entre le cancer primitif du foie qui sévit particulièrement en Asie et en Afrique et linfection à HBV. La relation de cause de cause à effet ne fait plus aucun doute. On sait que le DNA de l'HBV peut être intégré dans les hépatocytes. Par ailleurs, la cirrhose en soi est un processus cancérigène par la multiplication cellulaire anarchique dans les nodules de régénération hépatique. Le risque de cancer primitif du foie (hépatocarcinome), daprès une étude réalisée à Taïwan est multiplié par 200 en cas dinfection chronique par HBV. Chez les sujets infectés à la naissance, le risque à long terme d'hépatocarcinome est de 50% pour les hommes et de 20% pour les femmes. Doù lintérêt des vastes campagnes de vaccination à grande échelle contre lhépatite B en pays dendémie. C'est le succès de la vaccination en matière de prévention de l'hépatocarcinome qui a permis de démontrer pour la première fois chez lhomme une relation de cause à effet entre un processus cancéreux et une infection virale. Le vaccin contre l'hépatite B est le premier et pour l'instant le seul vaccin anti-cancéreux efficace. Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
Le passage par une rétrotranscription pour la réplication de l'HBV, avec une DNApolymérase ne corrigeant pas ses erreurs, prête à 3 catégories de mutations : 7.1. Mutations de résistance à la 3TC, sous traitement prolongé à la 3TC, portant sur le gène P de la DNApolymérase. 7.2. Mutations d'échappement à la sérothérapie par immunoglobulines riches en ac HBs et en même temps d'échappement à la vaccination (faite d'ag HBs). Cela consiste en mutations au niveau du gène S, apparaissant lors de traitement préventif de la transmission mère-enfant ou des campagnes de vaccination de masse. Elles n'ont pas jusqu'à présent conduit à modifier la stratégie de ces mesures préventives mais c'est quand même une invitation à la vigilance. 7.3. Mutants "précore" ou pré-C, au niveau du gène C, rendus incapables de synthétiser l'ag HBe. Les malades sont devenus ag HBe négatifs mais ce n'est pas chez eux un signe de contrôle, de rémission de l'infection virale comme ce serait le cas pour des malades infectés par le virus classique: ils continuent au contraire à répliquer activement ce virus à mutation préC, avec une abondance de DNA viral dans le sérum, et une évolution possible vers l'hépatite fulminante ou vers une hépatite chronique sévère, répondant mal à l'interféron. Virus de l'hépatite B (VHB) ®Medespace/France-Virus 2001 - Reproduction interdite
C'est un hepadnavius. 350 millions de sujets infectés dans le monde. La structure du génome et de la particule virale. Sa réplication par une phase de transcription inverse. Les modalités évolutives de l'infection aux différents âges. Les différents marqueurs de l'infection et leur évolution dans l'infection aiguë et dans l'infection chronique. La transmission du virus et sa prévention. Le principe du traitement. La vaccination, principe, modalité, innocuité, efficacité : 1er vaccin anticancéreux. |
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