Module d'enseignement
sous la direction du
Pr J.-M. Huraux
Faculté de Médecine de la Pitié-Salpêtrière
Université Paris VI
Sommaire général

11

Virus des hépatites

D

Virus de l'hépatite C

A

Généralités sur les hépatites

E

Virus de l'hépatite D

B

Virus de l'hépatite A

F

Virus de l'hépatite E

C

Virus de l'hépatite B

G

Virus de l'hépatite G


Virus de l'hépatite A (VHA)
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Généralités

(Illustration XI. 1)

Classé pour un temps parmi les entérovirus, c’est un virus nu à ARN. Comme pour les entérovirus ou les salmonelles, la transmission, inter-humaine, est essentiellement fécale-orale, avec un large réservoir de virus dans le Tiers Monde. Un risque particulier est lié à la consommation de coquillages et de crudités souillées. Comme pour les poliovirus, l’expression clinique est d’autant plus marquée que l’âge est plus avancé.

Ainsi la circulation de l’HAV, intense dans les pays chauds et pauvres, y passe souvent inaperçue car les enfants sont infectés tôt à un âge où l’expression clinique de la maladie est restreinte. Les visiteurs venus de pays riches, exempts d’anticorps, y risquent une infection cliniquement manifeste avec hépatite. La circulation des poliovirus dans les mêmes pays pose un problème analogue. La contagiosité de l’infection à HAV va environ de deux semaines avant à une semaine après l’apparition de l’ictère, (voire plus longtemps).

Le virus a été détecté pour la première fois dans les selles par une technique d’immuno-électromicroscopie. Cela a consisté à traiter en phase aiguë un extrait de selles avec un sérum de convalescent d’hépatite A. Les anticorps spécifiques anti-HAV rassemblent les particules virales en agglomérats plus faciles à voir en microscopie électronique que des particules dispersées.

En fait en pratique médicale courante, le diagnostic d’hépatite A repose sur la détection dans le sérum d’anticorps spécifiques de classe IgM par technique ELISA. La recherche d’une séroconversion en IgG anti-HAV n’est pas faite car, avec une incubation de durée moyenne de 3 à 5 semaines, le patient est vu après la séroconversion.

L’évolution de l’hépatite A est favorable car le risque d’hépatite aiguë fulminante est faible et l’infection chronique inexistante. Cependant la sévérité de l’infection augmente avec l’âge et on a avancé. Un risque d'hépatite fulminante de 1 % quand l'infection survient après 40 ans.

Le vaccin inactivé ("tué") est recommandé aux voyageurs, aux adultes non immunisés et enfants au-dessus de 1 an voyageant en zone d’endémie, jeunes des internats des établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapées, et les personnes exposées à des risques particuliers. Ce vaccin est efficace et bien toléré. L’immunisation passive par gammaglobulines ordinaires était recommandée avant que n’apparaisse le vaccin. Avec l’élévation du niveau de vie dans nos régions, la séroprévalence des anticorps anti-VHA diminue (d'où l'intérêt de se vacciner) et les donneurs de sang fournissent des préparations de gammaglobulines de moins en moins riches en anticorps anti-HAV. Il n’existe pas de traitement de l’hépatite aiguë autre que symptomatique.

Points importants

C'est un entérovirus qui a l'épidémiologie des entérobactéries.

L'expression clinique augmente avec l'âge.

L'hépatite fulminante A est rare.

La protection par infection naturelle diminue avec le développement de l'hygiène.

Le vaccin.